La rente, le devenir du capitalisme ?

rente et profit les éveillés

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https://leseveilles.info/2017/06/30/rente-devenir-capitalisme
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Aujourd’hui, on assiste depuis les crises économiques successives (2001,2007, 2010) à une modification de l’ordre économique. La recherche du profit, pilier fondamental du capitalisme, se retrouve archaïque et on aperçoit une émergence d’un système de rente par les actifs. Les éveillés reviennent sur un bouleversement économique profond.

La recherche de profit, pilier du capitalisme et vecteur de croissance

 

Le profit, le fer-de-lance du capitalisme !

 

La notion de profit est souvent définie comme étant un gain financier réalisé sur une opération économique. Ce gain financier est caractérisé par la différence entre la vente d’un bien ou d’un service et son coût total (coût de production, coût d’achat, coût de main-d’œuvre, coût cachés…). Néanmoins, il est très important de prendre en compte les coûts cachés, tels que le coût d’opportunité dans le calcul du profit. La théorie néo-classique apporte des ajustements à cette notion de profit qui sont alors importants. Le profit est un gain ou une rémunération variable, qui par sa nature reste incertain, mais très largement espéré par les acteurs économiques. Si le profit est incertain et espéré, c’est parce que cette notion est assujettie au risque du capital qui est investi pour l’obtenir, contrairement à la rente. La notion de risque est fondamentalement liée au profit, car elle correspond à la possibilité de perdre tout ou partie de son capital pour obtenir un profit. Généralement plus le risque est important, plus le profit l’est et à l’inverse moins le risque est important, moins le gain espéré est élevé.

 

C’est à partir du profit que le capitalisme a pu se développer et devenir une doctrine incontournable en économie. Tout actionnaire ayant tout ou partie d’une entreprise, a pour vocation d’essayer d’assurer un profit le plus élevé et constant possible. Cependant, la théorie classique avance l’idée qu’un taux de profit qui diminue est le signe d’une économie en bonne santé et stationnaire, car une baisse du taux de profit permet d’augmenter les salaires et donc la consommation économique, vecteur de croissance. De plus, avec un taux de profit qui diminue, cela signifie que le risque lié à la recherche du profit est faible lui aussi et qu’il conduit donc à une hausse de l’investissement. Tous ces facteurs (hausse des salaires et hausse de l’investissement) sont des indicateurs de croissance économique ou du moins, d’économie saine.

 

 

Les crises économiques successives sonnent le glas du profit

 

Cependant, le schéma vertueux dans lequel le profit semble être bénéfique à l’économie n’est pas lourd de conséquences. Le profit reste assujetti au risque, ne l’oublions pas ! L’économie reste une science incertaine qui a horreur de l’incertitude ! Et pour cause, le profit reste une notion soumise à divergence interne par la théorie de l’agence. Alors que les actionnaires vont chercher un profit plus élevé, les entreprises (dans son ensemble humain, comprenant les salariés comme les dirigeants) vont rechercher à assurer une pérennité ou une croissance de leur activité, ainsi qu’une augmentation de leurs salaires, ce qui correspond à une baisse du taux de profit. C’est à partir de ce dilemme que l’économie réelle fonctionne au jour le jour, par un tiraillement viscéral entre la notion de capital et de capital humain si souvent décrite par Marx. De ce tiraillement et de cette différence fondamentale, les crises économiques trouvent en partie leurs origines.

 

A cause de cycles économiques plus courts et plus intenses, on assiste de plus en plus à un environnement économique incertain, du fait notamment de la théorie des 3D (déréglementation, décloisonnement et désintermédiation des marchés financiers) d’Henri Bourguinat, qui est à l’origine notamment de la globalisation financière, qui accélère les cycles économiques. En effet, cette globalisation financière entraînée par le phénomène de mondialisation a permis une plus grande mouvance des capitaux, donnant ainsi une prérogative et un poids plus important aux actionnaires dans la lutte qui les oppose, dans la théorie de l’agence, au capital humain de l’entreprise. C’est à partir de cet antagonisme qu’on a vu émerger une économie parallèle à l’économie réelle, qui est une économie financière, dans laquelle les liquidités ne financent pas des actifs qui contribuent directement à l’économie réelle.

 

Les bouleversements causés par les crises

 

Les cycles économiques plus denses engendrant des crises économiques ont rendu la recherche de profit plus risqué et surtout plus coûteux du fait de coûts d’opportunités plus élevés. En effet, l’opportunité d’obtenir un profit plus élevé et à moindre risque se révèle plus coûteuse en termes d’information, de fiabilité et de faisabilité dans un environnement qui s’accroît et en constante mutation. La spéculation engendre des distorsions qui sont telles que les actionnaires institutionnels (Hedge Fund, banques et autres fonds internationaux…) sont si puissants, qu’ils maximisent leurs profits en faisant baisser la valeur du capital de l’entreprise pour le racheter au meilleur prix, ou en dépouillant les entreprises de leurs actifs, comme le fit Goldman Sachs, avec anciennement les Pages Jaunes. Cette guerre économique et financière a poussée les acteurs à privilégier la rente, nettement moins risquée que le profit.

 

 

La rente, ou le financement des élites !

 

La rente, une solution ancestrale

 

Le mécanisme de rente est déterminé comme étant une somme prédéfinie à l’avance qui est reversée périodiquement, dans un temps déterminé. Cette rente se retrouve souvent couplée au profit, dans la mesure où l’un n’empêche pas l’autre (le principe d’un actionnariat qui touche des dividendes de manière périodique et qui peut revendre tout ou partie de sa participation au capital (actions) en vue d’obtenir une plus-value). Le profit total de cette opération sera le revenu de la rente (dividende) et le produit de la plus-value ou moins-value boursière.

 

La rente, est attachée à la notion de propriété et dont la jouissance de cette dernière par un tiers, est soumise à la rente. C’est le schéma économique qu’a connu le monde jusqu’à l’essor du libéralisme qui reconnaît le profit plutôt que la rente. À cette époque, les propriétaires terriens (nobles et souverains) vivaient des rentes payées par le tiers état ou le peuple pour l’exploitation de leurs terres. Les richesses se créaient presque essentiellement sur la rente. Pour les économistes néo-classiques, la rente représente une distorsion du marché, car elle est constituée d’un prix qui est bien souvent supérieur au prix du marché. Cependant, la rente à un ennemi, qui nuit directement aux rentiers, il s’agit de l’inflation ! En période inflationniste, vu que la rente est prédéfinie à l’avance, cette dernière ne suit pas forcément la hausse des prix, ce qui nuit au profit de la rente. Aujourd’hui dans une économie dite libérale, la rente ne devrait plus être un élément de recherche, du fait d’une libéralisation des outils qui la permettait dans le passer (accès au crédit, libre-entreprise…) et de cycles économiques inflationnistes qui devraient normalement voir le jour au vu de l’augmentation constante de liquidités dans l’économie.

 

Cependant, on assiste à un phénomène inverse, la hausse des liquidités émises par les banques centrales n’a plus pour conséquence d’augmenter l’inflation, mais au contraire de la diminuer, à tel point qu’en 2016, nous avions en France un taux d’inflation de 0,2%. Cette conséquence intervient directement, du fait que l’économie réelle ne profite plus des politiques monétaires, qui sont orientées vers l’économie irréelle, afin que certains actifs non productifs ne diminuent pas. Ces actifs non productifs ne sont autres que les rentes !

 

Le mécanisme de rente par les actifs, ou le capitalisme de connivence

 

Colbert a pu mettre en avant le danger des rentiers, qui sont perçus par oisiveté dans le circuit économique, car leurs capitaux ne profitent pas à l’investissement et donc à l’économie réelle (manufacture, industrie et commerce), de plus ils s’avèrent être un danger politique.

Les craintes de Colbert restent à ce jour légitimes, car le contrôle de l’état par les rentiers conduirait à des distorsions économiques importantes, tel qu’une loi de marché faussée par une destruction de la concurrence. Il semble qu’aujourd’hui ce soit le cas et les distorsions économiques conduisent à la mise en place de pression fiscale sur les ménages (avec notamment une hausse de la CSG, qui finance directement ces rentes) et par une pression sur les salaires pour les entreprises.

 

L’importance pour les gouvernements est de faire croire que ces rentes sont légitimes et surtout morales ! C’est dans cet objectif que les actifs financés par la dette et les liquidités massives, qui sont des actifs non productifs (transferts sociaux, dividendes…), en d’autres termes des rentes, n’ont aucune incidence sur l’économie réelle, entraînant les conséquences qu’on connaît (progression du chômage, désindustrialisation de la France, endettement…). Alors que des actifs productifs (outils de productions, recherche…) auraient une incidence concrète sur l’économie réelle et permettraient d’inscrire l’économie française dans une perspective de croissance.

 

La prise de contrôle de l’état, la fin de la démocratie ?

 

Les puissances financières, le nouveau cancer de l’économie ?

 

Pour s’assurer un mécanisme de rente prospère et efficace, les puissances financières ont donc pris le contrôle de l’état et s’occupent à le spolier, en s’offrant des rentes convenables sur l’autel du libéralisme et du commerce international. Cependant il n’en ai rien! Car si libéralisme il y avait, ces puissances financières, tel que les banques en seraient les premières victimes. En effet, le libéralisme casserait les oligopoles financiers en structures plus petites et en ayant recours au principe d’atomicité des acteurs, tout en séparant les banques de dépôt, des banques d’affaires et en interdisant l’achat d’obligations d’état sur le marché secondaire par les banques de dépôt. L’achat d’obligation d’état reste le moyen le plus efficace trouvé, pour que le lobbying bancaire se retrouve à l’Élysée, en finançant les ingérences de la classe politique, par la loi de 1973 !

Les opérateurs financiers ne sont pas les seuls acteurs qui profitent du système de rente, en capturant l’état, les fonctionnaires, les syndicats et autres associations sont aussi concernés. Les fonctionnaires, qui ont pour vocation à gérer l’état ont une vision sur tous les rouages du système de manière à s’approprier des rentes exorbitantes (assistants, cumul de mandat, frais courants…). Afin de garder la main sur ces rentes, leurs intérêts ne sont nullement de réformer l’état, ce qui pourrait nuire directement à ces dernières. Enfin, les syndicats et associations diverses sont totalement opaques sur leurs modes de financement. En ayant le monopole de la représentation dans certains secteurs clés de l’économie (énergie, transport, santé…), ils peuvent bloquer le pays et nuire à l’économie pour continuer à s’octroyer un financement convenable. Ce financement est assuré en grande partie par l’état, de manière directe ou indirecte, tout en légitimant leurs actions sous prétexte de défenses des travailleurs, dans un pays où les syndiqués ne représentent que 11% des travailleurs et qui se retrouve en voie de désindustrialisation !

 

Un plan machiavélique audacieux

 

C’est dans ce contexte de rente que les détériorations de l’économie française se sont accrues et qu’une augmentation des inégalités se retrouve inévitable. La France ne fait pas exception à cette conséquence, car comme le disait Raymond Boudon « les intellectuels en France détestent le libéralisme parce que dans un système libéral, ils seraient payés à leur vrai prix ! ».

 

Ne se contentant pas du contrôle de l’état, le quatrième pouvoir, les médias ont été rachetés par les puissants et souverains (puissances financières et l’état), pour appliquer l’idée d’Orwell avec brio, afin de rendre leurs rentes morales. En effet, pour empêcher toute réflexion de la part du peuple, qui est pourtant souverain, ne l’oublions pas ! L’état et les pouvoirs en place ont pu appliquer une politique d’inversion des mots, car comme le disait Confucius  « quand les mots changent de sens, les Royaumes deviennent ingouvernables » et donc, devient morale ce qui ne l’était pas, comme les fameuses rentes. François Mitterrand semblait être le maître de ce jeu, mais il semble qu’Emmanuel Macron ne soit pas totalement dénué de talent !

 

2 Comments

  1. Dommage que 90% de la population n’ont pas de cerveau pour comprendre un seul mot de cet article sinon on n’en serait pas là…

  2. Peu importe la tête du président qu’on aura en France
    Il faut être dupe pour ne pas voir qu’on est gérés par les élites… De même aux Etats-Unis. Et en UK on assiste au déchirement des élites ce qui explique le BREXIT

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