L’Union européenne (et la monnaie unique) est-elle sur le point d’imploser ?

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https://leseveilles.info/2016/12/18/lunion-europeenne-monnaie-unique/
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Le Brexit n’a pas épargné l’idée d’un éclatement de l’Union européenne. L’euroscepticisme est en croissance et la montée du populisme tend à bousculer ce doux équilibre technocratique européen. Pourtant l’Union européenne et sa monnaie unique, l’euro n’est pas une nouveauté, les éveillés, reviennent sur une possible implosion de l’Union européenne !

 

L’Union européenne, une succession d’idées passées !

 

L’Union européenne est souvent définie comme la forme d’intégration la plus poussée au monde. Et pour cause, l’Union européenne tant à devenir de plus en plus fédéraliste, avec un niveau d’intégration des états jusqu’alors inégalé. Cependant, se construit sociale entre les états européens n’est pas nouveau, déjà en Europe différents belligérants se sont regroupés volontairement sous différentes formes d’intégrations. La ligue de Délos, qui fut l’un des premiers construits européens en la matière eu lieu après la victoire des cités grecques contre les Perses. Ces cités décidèrent de se regrouper sous la forme d’une confédération. Cependant la cité d’Athènes étant la plus importante tant militairement qu’économiquement, elle décide même d’imposer sa monnaie aux autres cités et n’hésite pas à réprimer toute rébellion. C’est le début de l’empire athénien.

 

La confédération du Rhin, imposée par la force de Napoléon, montre aussi une forme de réunion entre les états germaniques et toutes les coalitions et les alliances entre états forment de manière minoritaire des ensembles de collaboration entre états qui impliquèrent différents niveaux d’intégrations, allant de la simple alliance à la mise en place de traités internationaux.

 

L’euro, la monnaie unique ou le paradoxe de l’union latine

 

La création de la monnaie unique fut un marqueur d’intégration économique prédominant pour l’Union européenne et le monde. Cependant, cette vaste idée de marché commun et de monnaie unique n’est pas nouvelle. La mise en place d’un marché unique totalement libéré entre les états membres de l’Union européenne marque un nouveau pas dans la globalisation de l’économie. Tel fut le cas du traité Cobden-Chevalier ou le premier traité de libre-échange appliqué au monde, entre le Royaume-Uni et la France du Second Empire. Cependant, ce traité ne sera pas renouvelé par la France, car même si ce traité fût profitable aux deux pays dans un premier temps, il mit à mal l’industrie française, moins performante que l’industrie anglaise à l’époque.

 

La mise en place de la monnaie unique ne se révèle pas moins unique que le fût l’union latine. De même que le traité Cobden-Chevalier, Napoléon III mit en place avec de nombreux pays tel que : la Grèce, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse… une zone monétaire avec une monnaie unique, le Franc germinal. Cependant, la mise en place de se traiter engendra très vite des tensions internes, du fait que les économies des états membres n’évoluent pas au même rythme. L’union se retrouvait confrontée régulièrement aux problèmes de fluctuation des métaux notamment du fait de la guerre de sécession et au problème de changes. Même si ce traité permit de créer les fondements du système monétaire international, de nombreux acteurs ne l’ont pas utilisé comme le Royaume-Uni et l’Allemagne et quelques années après sa création, la Grèce et l’Italie sortiront du traité. L’expérience fut renouvelée en 1933 ou de nombreux pays européens essayèrent de mettre en place des taux de changes fixes pour contrer les effets de la crise. Cependant, l’expérience se révéla non fructueuse et pour maintenir leurs économies, les états ne pouvant plus dévaluer leurs monnaies durent dévaluer le travail en diminuant notamment les salaires, c’est ce qu’on appellera en France la déflation Laval. L’expérience de la monnaie unique est donc loin d’être unique en Europe ! Cependant, la création de l’Union européenne se fit dans un contexte particulier.

 

L’âge d’or de l’Union européenne

 

L’Union européenne reste à ce jour la forme d’intégration la plus évoluée qu’il puisse exister. L’âge d’or de l’Union européenne qui commence dès sa création jusqu’à la chute du mur de Berlin et plus généralement la fin de la guerre froide est caractérisé par la séparation de l’Europe en deux blocs. Dès la fin de la guerre, les tensions entre les Soviétiques et les Occidentaux se sont fait ressentir, les Américains récupèrent la partie la plus industrialisée de l’Allemagne, quand les Soviétiques refusèrent de rendre sa souveraineté à la Pologne. Ainsi l’Europe se divise et la mise en place du Plan Marshall, la divise d’avantage tel le « coup de Prague » qui en est le parfait exemple. Les États-Unis créeront l’OTAN avec leurs alliés et l’URSS mettra en place le pacte de Varsovie quelques années plus tard. Malgré les crises successives de la guerre froide (crises de Berlin, intervention en Hongrie et Tchécoslovaquie…), l’Union européenne et l’Europe connaissent une stabilité durant toute cette période. La création de la CECA (communauté européenne du charbon et de l’acier) à l’initiative de Robert Schuman, n’a autre but au départ, que de renforcer le bloc de l’Ouest dans ce contexte d’hyperpuissance et de lutte contre une possible invasion soviétique de l’Allemagne de l’Ouest. En somme, l’Union européenne résonne comme une puissance supplémentaire contre les Soviétiques, ce qui explique notamment l’enthousiasme américain à son égard !

C’est dans un contexte de lutte perpétuel entre l’Est et l’Ouest que l’Union européenne se retrouva être utile pour les Européens. Cependant, avec le changement du contexte géopolitique actuel en Europe, l’Union européenne se voit être remise en cause. Un euroscepticisme qui se matérialise avec le Brexit tend, à secouer l’Union européenne. En effet, nos ennemis passés sont devenus nos partenaires et nos alliés jouent un rôle beaucoup plus opaque. Le scandale des écoutes téléphoniques orchestré par les États-Unis contre l’Europe en est une preuve. Avec le changement de l’ordre mondial et notamment de l’importance de la Russie sur la scène internationale, l’Union européenne manque de discernement concernant sa politique extérieure et intérieure. Car l’Union européenne a permis de nombreuses réussites telles que le projet Airbus dans les années 1970, Erasmus en 1987 ou encore la création de l’agence spatiale européenne de 1975. Mais depuis le début des années 1990, et plus particulièrement depuis que la finance a pris plus d’importance que l’industrie, l’Union européenne ne connaît plus de projet intégrateur couronné de succès comme jadis, et rencontre des tensions entre ses membres sur fond de distorsions économiques et monétaires.

 

La monnaie unique, symbole de distorsion économique entre les états?

 

La monnaie unique n’a ainsi pas eu l’effet totalement escompté par l’Union européenne. Et pour cause, la monnaie unique façonnée par l’Allemagne sert avant tout les intérêts allemands, il ne s’agit que d’un deutsche mark renommé. Et pour cause, depuis la mise en place de la monnaie unique par l’Union européenne, l’économie allemande a su profiter de l’euro notamment à l’export, contrairement aux autres pays membres. Ou les exportations allemandes ont progressé de 5 points (l’Allemagne ne réalise plus que 10% de son chiffre à l’export dans la zone euro), les exportations françaises ont elles, diminuées de 20% depuis la mise en place de la monnaie unique. La France est ainsi passée d’un excédent de 43 milliards d’euros à un déficit de cette même somme, alors que l’Allemagne est passée d’un déficit de 25 milliards d’euros à un excédent de plus de 190 milliards d’euros. La monnaie unique se révélerait donc être trop chère pour les autres pays de l’Union européenne ? Il n’est pas étonnant de voir que les pays européens qui ont le mieux résisté aux crises successives sont en dehors de la zone euro (Royaume-Uni, Suède, Danemark, Norvège…).

 

L’euro n’a pas servi qu’à relancer l’économie allemande fortement endettée du fait du coût de la réunification allemande, mais il a permis aussi à l’Allemagne de s’enrichir auprès de ses voisins et de faire des économies ! En effet, l’Allemagne fait en sorte que les titres de dettes allemands deviennent une valeur refuge, associé à une politique monétaire plus que laxiste de la part de la BCE, permets à cette dernière de profiter de taux d’intérêt particulièrement bas. Rien qu’en 2015, ces taux d’intérêt permettent à l’Allemagne d’économiser près de 193 milliards d’euros. L’Allemagne s’enrichit donc de la crise européenne, et ce malgré les aides accordées aux autres pays membres, qui ne sont que des emprunts accordés à un taux supérieur que celui par lequel elle s’est procuré ses liquidités. Cette stratégie qui accroît l’euroscepticisme permet néanmoins d’accroître la dépendance des autres pays européens à l’Allemagne.

 

Il vient à se demander si la monnaie unique ne fut pas un moyen supplémentaire pour détruire les industries européennes concurrentes de l’Allemagne. Car depuis la mise en place de la monnaie unique, les industries européennes des pays comparables à l’Allemagne n’ont fait que de diminuer, au détriment de l’industrie allemande.

 

L’Europe, sur le point d’imploser ?

 

L’Union européenne qui continue d’osciller entre les différentes crises est confrontée à un problème majeur. Car même si les problèmes économiques des états membres peuvent être compensés par l’accroissement de la richesse allemande, l’Union européenne se retrouve être destructrice de solidarité entre les nations et les états. La solidarité crée à travers les différents services (publics, sociaux, éducatifs, régalien…) entre les nations et leurs citoyens, se voit disparaître pour faire émerger la nation européenne. C’est dans cette perte de souveraineté, de démocratie, de populisme que l’Union européenne devra répondre. Le souffle de liberté et de démocratie apporté par les révolutionnaires est bien loin ! Et pour cause, comme l’énonce l’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen: « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément ».

 

 

 

7 Comments

  1. Forum Économie de Michel Santi du 19 Mai 2014 – commentaire du 22 05 2014

    Euro : le péché originel

    « Le lancement de la monnaie unique fut donc le point de départ de la formation de déséquilibres et d’écarts de compétitivité désastreux entre nations, ou blocs de nation, membres. Autant de graines de discorde, de bulles spéculatives en gestation et de dysfonctionnements qu’il aurait été aisé de réduire ou de réguler par l’entremise d’une politique budgétaire et fiscale commune, harmonieuse et coordonnée. »
    Cela est vrai dans l’idéal mais pas dans la réalité. Car la vraie tare de l’ Économie libérale réside dans la priorité donnée aux consommateurs et aux prix, donc à la Concurrence, en contradiction avec l’aspiration générale à la sécurité de l’emploi et la recherche de bons salaires. Cet écartèlement est bien illustré par les deux façons d’augmenter le pouvoir d’ achat, les prix et les salaires, bien illustré par le choix entre le beurre et l’argent du beurre !
    Il me semble que l’application de mes 3 mesures datant des année 70 aurait permis d’empêcher ces dérives de compétitivité et l’existence de cette dette abyssale générale, due pour l’essentiel aux concurrences déloyales du travail au noir, du bricolage, de la robotisation et des délocalisations, celles-ci bien dénoncées par Maurice Allais qui prévoyait le désastre actuel.
    Le changement d’assise des charges sociales financées par la valeur ajoutée et non assises sur les salaires aurait évité le développement de ces concurrences déloyales, qui a été d’autant plus aggravé que la base des cotisations diminuant il fallait en augmenter le taux ! L’erreur de Mitterrand en 1981 a été de multiplier les emplois publics et d’augmenter fortement le SMIC et les retraites, sans s’attaquer aux causes, comme Allais le reprochera à la Commission Européenne.
    Dans un article du 20 12 2012 le Pr Vesperini remarque que entre 1973 , date de l’abandon de Bretton Woods et Janvier 1999 le Franc a été dévalué de 52,5 %. Il y a peu de temps j’ étais arrivé à peu près à la même constatation, ce qui m’étonnait car ayant été en Allemagne j’avais noté le taux de change du Mark en 1965 , environ 0 , 80 Franc et sa valeur finale avant l’ Euro de 3, 40 Fr. Mr Vesperini confirme mon intuition ! C’est vrai que l’inflation avait du bon pour les emprunteurs et explique les 30 soi-disant glorieuses !
    Mr Vesperini constate plus qu’il n’explique. Les raisons en sont pour moi la concurrence entre syndicats chez nous, la mauvaise influence d’une CGT politisée, l’indexation des prix et l’existence d’un SMIC , la préférence donnée aux cotisations sur l’impôt, le développement très important des grandes surfaces parasitaires ,dissimulant leurs bénéfices par des investissements massifs au détriment de ceux de leurs fournisseurs, les affaiblissant et les privant de moyens d’exporter !
    Au sujet du coût de l’emploi comparé entre France et Allemagne il doit y avoir manipulation ! Car les entreprises Françaises ont été très désavantagées à l’export par l’augmentation du coût du travail que cela suppose et des dévaluations insuffisantes depuis longtemps ! A ce point de vue on peut stigmatiser la volonté d’une monnaie forte pendant longtemps, en particulier par Bérégovoy obtenue par la pratique de taux d’intérêt pénalisant l’investissement ! Les socialistes ont confondu amour-propre national et bonne gestion de l’intérêt général !
    Tout cela explique la faiblesse des marges des entreprises et la perte de marchés également !
    Le Professeur Vesperini ne voit de solution que dans la sortie de l’ Euro. Mr Montebourg insiste pour que la BCE le fasse baisser. Cela ne corrige pas les causes ! Et si l’inflation était un impôt sur les pauvres, pour Mitterrand c’est aussi le cas pour une dévaluation !
    Pour certains l’ assise des charges sur la Valeur ajoutée a été définie comme une dévaluation déguisée, alors qu’une dévaluation augmente les prix des matières premières hors taxe aussi, ce que ne fait pas l’assise des charges sur la valeur ajoutée, donc ne pénalise pas l’export !
    Mais il y a mieux ! Ma suggestion d’une taxe de 20 % sur la valeur ajoutée d’ où l’on pourrait déduire le SMIC et un crédit d’impôt éventuel , comme l’indexation de la masse salariale sur la valeur ajoutée à hauteur de 50 % ne sont nullement discriminatoires !
    Par contre il faudrait obliger toute entreprise désirant vendre en France à y implanter un établissement regroupant toutes ses opérations.

  2. Ce 5 nov . 2013

    Pour Louis Gallois, l’industrie française « a touché le fond de la piscine »
    Aujourd’hui à 15h49 / message No.28 Par theodorum
    Gênant !
    Mr Gallois a un passé très sérieux et crédible. C’est donc gênant de le contredire. C’était la même chose avec Mr Delors, dont la sincérité et le sérieux étaient évidents. Mais, comme dit la fable  » On a quelquefois besoin d’un plus petit que soi » .
    A ces personnalités connues et connues comme sympathisant avec la gauche, il n’est pas inutile d’opposer une personnalité éminente comme celles de 2 polytechniciens célèbres et à d’autres titres, comme Alfred Sauvy et Maurice Allais.
    Alfred Sauvy déclarait le 4 Avril 1981 dans une interview à Ouest-France, un mois avant l’arrivée de F. Mitterrand au pouvoir  » Si nous faisons une « relance », une partie de la demande va s’en aller au dehors. C’est un peu comme si on essayait de gonfler un pneu crevé. N’importe quel enfant sait cela. »  » Je n’aime pas le mot crise. Ce qui est important c’est le diagnostic, le mal a des causes profondes. »
    Maurice Allais, lui, Nobel d’ économie, pronostiquait la faillite actuelle  » si l’organisation de Bruxelles poursuivait sa politique de libre-échangisme mondialisé qui ne pouvait que nous amener au désastre, les échanges entre pays inégalement développés étant impossibles. »
    La leçon de ces controverses est qu’il ne suffit pas d’être de bonne foi, qu’on ne peut pas se reposer sur ses lauriers et que l’on doit sans cesse justifier sa position par des arguments compréhensibles par tous, comme disait aussi Boileau  » Les choses que l’on conçoit bien s’expliquent clairement et les mots pour le dire nous viennent aisément  »
    Désolé de contrarier des opinions bien arrêtées !

     
    Même jour à 16h02 / message No.29 Par theodorum

    Juste quelques chiffres très parlants et absents pour Mr Gallois !

    Au risque de finir par lasser les lecteurs de ces lignes, rappelons, tout de même, quelques évidences un tantinet dérangeantes. Il y a en France environ 5,5 millions de fonctionnaires au sens large. Soit 90 agents publics pour 1 000 habitants. En Allemagne, le ratio est de 50 pour 1 000. La France consacre 56,6 % de son PIB aux dépenses publiques, l’Allemagne 44,7.
    La Suède a réduit le nombre de fonctionnaires de 38 % en une dizaine d’années. La France, elle, ne cesse d’engraisser le mammouth, qui ne se réduit pas à l’Éducation nationale. La France comptait, en 1998, 4,3 millions de fonctionnaires. On en dénombre 5,5 millions aujourd’hui. La fonction publique territoriale s’est accrue de 800 000 agents en 15 ans. La dette des administrations locales s’élève à 173 milliards d’euros, soit 10 % de l’endettement global du pays. Ce chiffre ne sort pas d’une quelconque officine libéralo-réactionnaire mais de la Cour des comptes, présidée par le socialiste Didier Migaud.

  3. L’exécutif est en train de « gagner la bataille du chômage », selon Michel Sapin

    Boursier.com le 23 Décembre 2013

     
    Aujourd’hui à 17h19 / message No.29 Par theodorum
    Des fumistes !
    Quand on voit F. Hollande faire de l’ esprit sur le dos de l’ Algérie, oubliant complètement l’importance de sa fonction, quand on voit les ministres sortir de Matignon le sourire aux lèvres, on a l’impression qu’ils ne mesurent pas la gravité de la situation et leur responsabilité, quand on a vu Sapin sourire avec désinvolture face à Elise Lucet hors d’elle-même face aux scandales de la formation, on ne peut être qu’inquiet et scandalisé d’un tel culot !
    Créer des emplois aidés dans notre situation financière sans changer le financement des charges grevant notre compétitivité dont une partie au moins pourrait être financée par la solidarité et donc l’impôt sur le revenu des plus riches qui est loin du niveau de 1993 comme je l’ai rappelé constamment et que je leur ai aussi signalé dépasse l’imagination en matière de compétence et d’honnêteté !

  4. orum Économie de Boursier.com : Lu, ce jour,20 juillet 2014, dans «  La Théorie générale » de J.M. Keynes, chapitre 23, fin du paragraphe IV :
    « Il nous souvient du complexe d’irritation et de perplexité que ressentait Bonar Law ( 1er Ministre Anglais ) devant les économistes ( partisans du libre échange ) négateurs d’évidence. Il était profondément troublé de ne pouvoir s’expliquer leur attitude. L’empire de l’école classique fait irrésistiblement songer à celui de certaines religions, car il faut à une idée plus de pouvoir pour vaincre l’évidence que pour introduire le mystère dans les notions habituelles des hommes. »
    En fait l’évidence en question fait penser aux idées reçues comme celle qu’ Ambroise Paré eut à vaincre quand il inventa la ligature des plaies en remplacement de la cautérisation : «  Ce n’est pas parce qu’on se trompe depuis 2000 ans qu’on est obligé de continuer ! »
    Il en va de même avec les cotisations sur salaires qui pénalisent l’emploi officiel et favorisent les concurrences que lui font travail au noir, bricolage, robotisation et délocalisations, véritable spirale
    ( on dit cercle vicieux d’habitude, ce qui convient moins, car ici on ne tourne pas en rond mais on s’enfonce) du fait qu’on doit les augmenter dans la mesure où leur base diminue…constamment !
    Comme Law et Keynes je suis perplexe devant l’inertie générale face au règne des concurrences déloyales faites à l’emploi, pour ne pas dire plus ! Comme un mur de Berlin ou une citadelle qui resterait à démolir… intellectuellement !
    Réflexions à des années lumière du clivage droite-gauche ! Le 26 07 14 Forum Boursier.com
    J’ai imaginé qu’on pourrait remplacer les charges sociales par une taxe sur la valeur ajoutée. J’ai montré que cela n’avait que des avantages si on en redistribuait une partie de façon uniforme.
    En remplaçant l’impôt sur le revenu par une telle taxe on arrive à une situation où il n’y a plus de cloison étanche entre charges et impôt sur le revenu. Cela tombe bien !
    Quand on y réfléchit c’est assez logique : les cotisations – les salariales ont été multipliées par 48 en 50 ans – chômage ont contribué à créer du chômage car plus elles ont augmenté plus le chômage aussi ! En effet, elles entrent dans les prix et diminuent donc notre compétitivité par rapport au travail au noir, au bricolage, à la robotisation et aux délocalisations. Cela a pour effet de diminuer le PIB, donc la richesse à partager.
    Le chômage augmentant il faut les augmenter encore, spirale – et non pas cercle ! – vicieuse ! Et il faut en plus payer des impôts pour solder la dette, payer au moins les intérêts !Et ces impôts, alourdis d’intérêt, n’augmentent en rien notre compétitivité !
    Il en va de même pour les cotisations d’allocations familiales, elles entrent dans les prix – la TVA s’y ajoute ! – et handicapent la compétitivité de l’emploi déclaré en France. L’ impôt permet lui de faire appel à ceux qui sont riches et n’ont pas d’enfants – ils peuvent actuellement épargner plus alors que si personne n’avait d’enfant il n’y aurait pas de retraite possible ! – en faveur de ceux qui – riches ou pauvres – en ont. L’impôt permet en plus de faire appel aux revenus des retraités aussi.
    Le même raisonnement – remplacer les charges sociales par de la TVA – peut s’appliquer aux retraites et à la santé. A chaque fois il y a amélioration de la compétitivité de l’emploi déclaré par rapport aux 4 sortes de concurrence déloyale.
    Pour les retraites, actuellement les robots ne cotisent pas, tout en faisant extrêmement tort à l’emploi car ils ne se reposent guère, donc ils détruisent des cotisations, donc contribuent à diminuer le montant des retraites. C’est stupide, ils produisent plus tout en contribuant à diminuer la demande, comme l’a bien vu Francis Mer , PDG de Sacilor, dans une interview à Ouest-France le 29 Avril 1999 : « La machine à produire de la richesse est en train de s’emballer positivement. Elle pose, par contre, la question de savoir comment répartir cette richesse. »
    Même chose pour la santé : les cotisations entrent dans les prix et diminuent la compétitivité du travail déclaré . En cas de maladie longue et coûteuse on rembourse le moindre centime à des gens riches ! Avec un financement par l’impôt sous forme de taxe sur la valeur ajoutée, donc sur la consommation, on pourrait leur demander plus, et la Sécu ne serait plus en déficit !
    Exemple d’incidence favorable à l’emploi : les cerises, les fraises, etc…demandent beaucoup de travail et paient donc beaucoup de charges, ce qui fait monter les prix et contribue à créer du chômage. En cas de financement par la valeur ajoutée les robots paieraient pour les fraises, leur prix baisserait d’autant . plus, et l’emploi s’en porterait très bien.

  5. Les dévoyeurs de solidarité ! Boursier.com le 27 Mars 2014.

    Du banquier Monnet au banquier Lamy, on sait déjà ce qu’il faut penser du premier, qui fit fortune grâce au trafic d’alcools aux Etats-Unis durant la prohibition. Quant au second, Pascal Lamy, il est devenu « célèbre » pour avoir déclaré :
    « le libre-échange est une bonne chose, même quand il provoque des licenciements… »,
    Il faut rappeler que Pascal Lamy est allé faire à l’OMC ce qu’il avait déjà passé son temps à faire contribué à faire aux côtés de Delors en Europe… dès le « tournant de la rigueur » de 82/83!
    C’est lui qui a déclaré, en réponse aux pays touchés par la crise alimentaire qui voulaient réduire les exportations afin de nourrir leurs peuples :
    « Il est évident que de telles mesures entraînent une hausse supplémentaire des prix. A court terme, ce ne serait pas une bonne solution économique. »
    (Réunion des Nations-Unies à Berne, avril 2004).
    Mais figurent aussi à l’appel:
    – Valéry Giscard d’Estaing en 1992: « L’Europe de Maastricht, c’est la notre . C’est une Europe libérale fondée sur nos idées politiques et économiques. »
    – Denis Kessler, le numéro 2 du MEDEF, au moment de la naissance de l’euro:
    « L’europe, c’est une machine à réformer la France malgré elle » (2000)
    – Ernest-Antoine Seillière, président du MEDEF, en 2003:
    « La contrainte européenne joue à plein pour orienter notre pays dans le sens d’une certaine forme de réforme… La contrainte européenne est installée dans la société française. »
    – Denis Kessler, à nouveau, au lendemain de l’élection présidentielle de 2007, enfonçait le clou dans le magazine Challenges :
    « À y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! ».
    C’était donc ça «Réformer par l’Europe», titre célèbre d’un livre de J. Delors?
    Comme disait Alain Touraine:
    « Le mot libéral étant tabou, on en a inventé un autre, Europe ! »
    Euro ou pas, le pêché originel est dans l’eurolibéralisme, créature de la mondialisation libérale et parodie risible d’un mot d’ordre détourné :
    – Prolétaires de tous les pays, concurrencez-vous !
    Quand la gauche va-t-elle enfin dénoncer le libéralisme dévastateur pour ce qu’il est, exploitation de la « libre » circulation des capitaux, des marchandises, et de la main d’oeuvre ?
    Comme à l’époque de l’esclavage, on subit une sorte de « commerce triangulaire »:
    Exportation et investissement des capitaux dans les pays à bas salaires, exploitation sur place concurrençant les pays aux acquis sociaux (et fiscaux) plus avancés, et inversement importation de cette « misère du monde » faisant pression sur ce qui reste de prospérité acquise par nos ainés… Il ne devrait plus, sous peu, nous en rester beaucoup !
    Dans les deux cas, au nom de l’internationalisme libéral, on condamne respectivement les travailleurs des deux camps à la stagnation et à la régression !

  6. Vous avez raison de faire un rappel historique, car l’histoire est un éternel recommencement.
    Cependant il serait temps d’accélérer car le réchauffement climatique menace, comme l’a rappelé hier soir l’ émission  » Avant le déluge « .
    L’ Europe a été détournée de sa vocation originale et son élargissement a été une erreur. Pour rompre avec le passé et les guerres franco-allemandes, l’ Europe à 6 suffisait largement.
    Les dévoyeurs de solidarité que j’ai cités ont réussi leur entreprise libérale, sans en mesurer les conséquences. L’ Allemagne est le grand gagnant de l’opération car elle profite d’un Euro moyen pour exporter, alors qu’avec leur monnaie ils auraient été obligés de réévaluer. Si l’ Euro est moyen c’est aussi grâce à eux car ce sont les excédents allemands qui amènent une demande d’Euros, ce que la politique de Q/E de la BCE n’arrive pas à combattre, politique doublement néfaste donc, car créant une bulle boursière dont ne profitent, encore et toujours,que les plus fortunés.
    Mais cela ne pourra pas durer car les dettes de tous les pays augmentent toujours et la hausse des taux d’intérêt menace , pas que le réchauffement climatique !

  7. En effet, le réchauffement climatique menace et il serait temps de mettre en place des politiques environnementales concrètes! Il faut torpiller le lobby pétrolier qui nuit non seulement à notre environnement mais à notre économie ! L’union risque de créer plus de conflits que d’en éviter si elle continue comme cela, car l’Allemagne aura des comptes rendre notamment sur la politique monétaire qu’elle mène qui lui permet à elle seule de profiter de la monnaie unique. La politique de Q/E n’est autre que de la création monétaire, cette politique permet comme vous le dites à permettre un euro « moyen » pour les Allemands et d’en tirer les avantages que vous connaissez…

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