Pourquoi la France ne se relèvera pas ?

France et Macron, économie Les éveillés

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http://leseveilles.info/2017/05/27/france-macron/
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Avec l’élection d’Emmanuel Macron le 7 mai 2017, la France choisit la continuité d’une politique qui lui a fait perdre son unité et sa souveraineté démocratique. Un renouveau politique qui semble n’être qu’une chimère portée par un marketing qui n’a de considération que pour l’électoralisme, mais après tout n’est-ce pas ce que la France désire ?

 

En Marche ou l’UMPS ?

 

Un sursaut en France ?

 

Ayant eu un dégoût de la classe politique conventionnelle, les Français se sont reportés majoritairement vers des partis politiques, dits « non conventionnel ». C’est ainsi qu’ En Marche et le Front National se sont retrouvés au deuxième tour de l’élection présidentielle, alors que la France Insoumise réalisait un score historique ! Cependant, cette nouvelle donne fait-elle bouger l’échiquier politique français ? Est-ce la fin de la traditionnelle droite-gauche ? Est-ce le commencement des mondialistes contre les nationalistes ? Des libéraux contre les protectionnistes ? Tant de questions surmédiatisées qui bouleversent la France, à tel point qu’à défaut de créer une appétence politique pour les Français, on sent un écœurement de la population envers la classe politique qui semble justifiée.

 

Le 7 mai 2017, la France a donc choisi Emmanuel Macron[1], pour succéder à François Hollande, le président ayant le moins satisfait les Français de la cinquième république selon les sondages[2]. Emmanuel Macron étant ancien ministre de l’Économie du gouvernement Valls[3] sous François Hollande, peut-il incarner un renouveau en France ? Il semblerait qu’hormis sa jeunesse il n’en soit rien. En effet, notre président, fervent défenseur d’un libéralisme qui serait pourtant en partie salvateur pour le pays, ne semble pas mesurer les enjeux de notre société actuelle et semble être aussi déconnecté des réalités que les autres élites qui nous ont gouvernés jusqu’à présent. Sa volonté politique semble être l’anéantissement de ce clivage gauche-droite qui a taraudé la cinquième république pour un unipartisme responsable, réconciliateur et responsable : En Marche !

 

Faut-il s’inquiéter de la Politique Macron ?

 

La politique Macron, s’inscrit comme étant la plus libérale et européiste, se repose sur des mécanismes bien particuliers qui vise un objectif précis : rendre la France compétitive dans une Europe menacée. C’est dans ce cadre que la Loi Macron fut instaurée[4] et qui permit notamment de remplir certaines exigences européennes telles qu’une libéralisation du travail, une déréglementation des professions réglementées, la mise en place de concurrence sur des monopoles, désengagement de l’état dans de nombreuses entreprises françaises…

Au-delà d’aspects positifs, comme les bus Macron qui ont permis de transporter plus de 6 millions de Français en 2016 à petit prix[5], il n’est nullement mention de la retranscription de l’union bancaire, directive européenne inscrite en droit français et porté par Emmanuel Macron[6].

 

C’est dans ce principe, que des lois comme l’union bancaire ou encore la loi sapin 2, ont été inscrites en droit français. Ces lois stipulent que pour faire face à une crise financière sévère, les banques pourront se renflouer directement sur les comptes de leurs épargnants, pour les comptes de plus de 100 000€ et que vos assurances vies ne pourront être retirées durant la période de crise, pour éviter un risque de faillite du système financier. Après tout n’est-ce pas une protection, qui permettrait de relancer l’économie et d’éviter les crises que nous connaissons ? Il semble que ce soit tout l’inverse !

 

La financiarisation, le cheval de Troie de l’économie ?

 

L’économie réelle, effacée par l’économie irréelle ?

 

En effet, avec cette politique de globalisation financière, on assiste à une financiarisation des actifs par des liquidités. Alors que le système financier permettait de soutenir l’économie réelle par la monnaie, qui permet d’avoir un rôle de support de l’économie réelle, par la gestion de la masse monétaire (crédit et politiques des banques centrales) et qui permettait à son tour de financer des actifs, aujourd’hui, on assiste à une financiarisation d’une économie parallèle, dite aussi économie irréelle, ou la monnaie finance directement des actifs, sans avoir d’effet sur l’économie réelle.

 

La raison de cette réalité économique réside dans le fait qu’un excès d’endettement à rendu notre pays et plus particulièrement notre système économique fragile et que cet excès d’endettement n’a pas permis de financer des actifs productifs (outils de production, machines-outils, robots et recherches industriels…), mais à financer des actifs non productifs tels que les dividendes, l’immobilier ou encore les transferts sociaux. Aujourd’hui, il semble alors que l’objectif de la banque centrale, des puissances financières et multinationales soient d’utiliser les liquidités pour financer directement ces actifs, afin qu’ils ne perdent pas de valeurs.

 

Votre argent ne vous appartient plus !

 

C’est dans ce contexte que par l’union bancaire et la loi Sapin 2, notre argent servira de matelas de sécurité aux puissances financières pour financer ces actifs non productifs, qui ne maintiendront aucune activité économique réelle dans notre pays. Faut-il qu’on mette en place une loi qui déclare que votre argent ne vous appartient plus pour réagir ?

On prône un libéralisme qui n’est qu’un esclavagisme déguisé et numérisé, par une globalisation financière qui profite qu’à l’économie irréelle et par une précarisation de l’économie réelle par l’ubérisation !

 

L’ubérisation, qui semble nous satisfaire, en tant que consommateur en puissance, cherchant à améliorer sa satisfaction économique, autrement dit son pouvoir d’achat, mais qui se révélerait tout aussi destructeur envers notre système social et les valeurs républicaines que nous connaissons, d’égalité et de fraternité. En effet, en pratiquant l’ubérisation en marche forcée, on précarise le travail, puisque les avantages sociaux (chômage et sécurité sociale) sont actuellement financés par les entreprises, pour les salariés. En ubérisant l’économie, on rend les acteurs indépendants et autonomes vis-à-vis du système social, ce qui permet de désendetter notre système social puisqu’on sera moins nombreux à y accéder. En somme, la seule façon qu’Emmanuel Macron a trouvé pour financer le déficit de la sécurité sociale, la dette sociale et le coût du travail est de précariser l’ensemble du marché du travail.

 

Il est évident que le marché du travail a besoin de se déréglementer, car il est surprotégé, mais d’autres moyens existent pour financer notre système social sans se tourner vers l’esclavage numérique et industriel.  En effet, ce dernier pourrait être intégralement financé non plus par les entreprises, mais par tous les bénéficiaires, grâce à la TVA. Cette mesure qui certes apparaît moins électoraliste, car en théorie elle diminuerait le pouvoir d’achat des Français se révélerait en pratique beaucoup plus efficace. En déchargent totalement l’entreprise de supporter le coût du travail, cela permettra à un salaire de coûter juste ce qu’il doit à l’entreprise et donc d’augmenter le salaire réel des travailleurs tout en rendant nos entreprises plus compétitives. Enfin, le financement des retraites pourra être financé en se déchargeant de la problématique de la démographie, le caractère égalitaire (tout le monde y est assujetti) et indirect (on ne taxe pas ce qui permet de faire de la valeur ajoutée, mais la valeur ajoutée directement) de cet impôt.

 

L’immigration et l’ubérisation au service des puissances financières ?

 

Un autre élément essentiel de la nouvelle politique qui va être menée concerne la politique migratoire, qui est essentielle pour notre pays. En effet, cette politique migratoire, qui semble remplie d’humanité et de sollicitude à l’égard des personnes les plus démunies, n’a rien d’une politique d’humanisme ! Et pour cause, les raisons de cette ouverture migratoire ne sont pas de permettre aux populations migratoires d’avoir accès aux avantages d’être français, mais de diminuer le coût du marché du travail en faussant l’équilibre économique de l’offre et la demande. Alors que de nombreux emplois ne sont pas pourvus (peu qualifiant et peu rémunérateur), le mécanisme du marché devrait se mettre en place, c’est-à-dire peu de demandes pour beaucoup d’offres d’emplois, ce qui engendrerait une hausse des salaires, pour attirer la demande. Pour fausser ce mécanisme, on fausse la demande en accueillant une main-d’œuvre bon marché, qui permet de réduire les salaires. C’est le cas de l’Allemagne qui recrute une main-d’œuvre peu qualifiée ou qualifiée, mais « bon marché » pour sa machine économique.

 

Ce même mécanisme est aussi utilisé par la BCE, qui maintient volontairement des taux bas, ce qui fausse le taux réel d’intérêt et qui conduit à fausser le marché, en permettant aux agents économiques de penser que l’économie se révèle alors que la réalité est tout autre. C’est le même mécanisme qui a causé la crise des subprimes !

 

La politique d’Emmanuel Macron semble être plus dévastatrice qu’on l’entend, puisqu’elle vise à accroître les inégalités, car la politique actuelle vise à protéger les rentes d’une élite qui s’enrichit alors que les populations populaires s’appauvrissent. C’est la plus grande critique du capitalisme énoncée par Marx, car si le capitalisme est voué à l’échec selon Marx, c’est parce qu’avec un système d’échange, ou la parité entre les biens et services est fixé sur une monnaie, ce qui permet l’accumulation de cette dernière (actuellement, 1% de la population détient 47% des richesses de la planète[7]) et puisqu’il y a accumulation, tous les acteurs économiques ne peuvent en bénéficier, ce qui créer les grandes inégalités qu’on connaît. Cependant, le capitalisme que nous connaissons qui répond à une logique darwinienne risque bien d’être chamboulé par l’essor des peuples, qui par sursaut révolutionnaire, n’ont jamais manqué de se soulever !

 

 

[1] http://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/presidentielle-les-resultats-du-second-tour-07-05-2017-6925341.php

[2] http://www.rtl.fr/actu/politique/les-cotes-de-popularite-des-presidents-de-la-ve-republique-7769694060

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Macron

[4] http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/08/06/ce-que-contient-desormais-la-loi-macron_4714255_4355770.html

[5] http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/03/18/20002-20170318ARTFIG00014-les-autocars-macron-ont-transporte-62-millions-de-voyageurs-en-2016.php

[6] http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/l-union-bancaire-a-t-elle-sauve-l-europe-comme-le-dit-emmanuel-macron-670124.html

[7] http://www.liberation.fr/planete/2016/06/07/1-de-la-population-detient-la-moitie-de-la-richesse-mondiale_1457965

5 Comments

  1. L’ imposture des élites atteint un nouveau stade avec Macron, qu’on pourrait qualifier de « Macro-imposture ». Sa plaisanterie sur l’importation de « cormorien » vers Mayotte est révélatrice de son mépris pour les petites gens. Il continue dans le sens voulu par Pascal Lamy et Hollande, approuvé par Le Drian, un mondialisme désincarné utilisant l’homme au service de l’ Économie, alors que cela devrait être l’inverse.
    Macron profite sans vergogne d’avoir été choisi par défaut et par rejet du Front National.

  2. Son idée de remplacer l’accord de branche par la négociation entreprise par entreprise va favoriser les grosses entreprises exportatrices qui paient peu d’impôts, refusent de remplacer les cotisations par la TVA et veulent exporter à tous prix quitte à ouvrir la porte aux produits issus de la misère du monde, et sources de la dette apocalyptique, une dette nullement nécessaire. Le progrès nous permettrait d’être généreux, la concurrence excessive et surtout les concurrences déloyales nous en empêchent.
    C’est l’intérêt général, donc collectif, qu’il fut promouvoir, pas l’intérêt individuel. L’intérêt général n’est pas la somme des intérêts individuels !
    Les entreprises exportatrices sont les seules à profiter d’un Euro faible alors que c’est au détriment de l’intérêt général car on doit payer plus cher les matières 1ères et l’énergie.Il est très important de comprendre que nous faisons fausse route depuis longtemps et que nous devons changer de cap radicalement. Le remplacement des cotisations ou régie du chacun pour soi par la TVA et l’indexation de la masse salariale sur la valeur ajoutée avec retenue maximale nous rendrait collectivement compétitifs à tel point que les autres pays seraient obligés de suivre et mettraient enfin l’économie au service de l’homme avec bien sûr un partage partiel de la TVA comme de la TIPP, d’une urgence absolue, réchauffement climatique oblige !
    Le transport aérien, sans pratiquement de taxes, en plein développement par le lowcoast, est la meilleure preuve de notre égarement total, disons de l’égarement de nos élites plus soucieuses de plaire pour être réélues que d’intérêt général !
    L’ubérisation de l’économie est justement l’occasion de remplacer les cotisations par la TVA ce qui en prouve la pertinence absolue.

    • L’ubérisation c’est l’inverse de la réflexion portée sur la TVA sociale. Car l’ubérisation consiste en un démantèlement des acquis sociaux, car on se dit plutôt que de le faire financer par la population (et donc la TVA) qui serait vue comme une réduction du pouvoir d’achat d’un point de vue électoraliste, ce qui est totalement faux d’un point de vue économique et empirique, Macron se dit qu’avec l’ubérisation, on va vendre le rêve américain de la start-up à tout à chacun en rendant indépendant tous les travailleurs de manière à ce que ces derniers ne puissent plus profiter des acquis sociaux.

  3. C’est toujours le point de vue du consommateur qui prime. Pour contrer l’ubérisation c’est justement la TVA à la place des cotisations la solution et le moyen de protéger l’emploi, et les finances de l’ ÉTAT car cela enlève la moitié de l’intérêt qu’il y a à ubériser.
    C’est toujours la division entre producteurs et consommateurs. Droite, Gauche = Division, Concurrence = Division. Pas de changement avec Macron !

  4. Ce sont des manoeuvres électoralistes et clientèlistes ou le pouvoir d’achat prime! Depuis quand les élections sont elles synonymes de gain micro personnel ? Les élections ont un objectif macro: améliorer la société !

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