L’histoire des banques françaises ! (2/2)

Monnaie et banques les éveillés

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http://leseveilles.info/2017/03/17/histoire-banques-fr/
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« L’histoire des banques françaises », suite et dernier volet de l’histoire atypique  de la banque française. Les éveillés reviennent sur les fondements du système monétaire international vu par les acteurs bancaires et leurs conséquences aujourd’hui.

 

L’avènement du système monétaire international moderne

 

La Seconde Guerre mondiale, ou le bouleversement de l’échiquier mondial

Du fait du jeudi noir, une crise économique sans précédent touche le monde. Les banques américaines décident de rapatrier leurs capitaux de l’étranger, ce qui engendre une multitude de faillites en chaîne qui se propage sur toute la planète. En France, ce sont près de 400 banques qui tombent en faillite. Des suites de ce climat délétère, le Front populaire se trouve être une solution pour la plupart des Français. Ce dernier modifie les statuts de la banque de France afin d’ouvrir les assemblées générales à tous les actionnaires, alors qu’avant les assemblées n’étaient admises qu’aux 200 plus grandes familles françaises qui gèrent l’économie et la politique du pays. Cette mesure reste l’une des premières mesures prises en France à l’encontre d’une certaine forme d’oligarchie financière. Les mesures sociales du Front populaire telles que les congés payés ou la semaine de 40h entraînent une défiance envers l’économie du pays, ce qui créer une panique boursière en France engendrant une fuite importante de capitaux.

 

L’invasion allemande durant la Seconde Guerre mondiale, poussa la Banque de France à chercher à évacuer ses réserves d’or et ses dépôts qui représentent alors près de 20% des réserves mondiales. À l’époque la monnaie est directement indexée sur l’or du fait du mécanisme d’étalon-or, qui sera abandonné en 1946 par le système de Bretton Woods, ou seul le dollar sera impacté sur l’or et les autres monnaies seront impactées sur le dollar. Pendant l’occupation allemande, de nombreuses banques françaises vont mettre en place les politiques antisémites de confiscations et de spoliations d’actifs des juifs et pourront de ce fait, liquider les banques concurrentes juives. Cependant à la libération le grand vainqueur reste les États Unis qui deviennent la première puissance mondiale et le pivot du système monétaire international avec les accords de Bretton Woods. Le dollar se retrouve sans concurrent puisqu’il est le pivot du système monétaire jusqu’à nos jours. Le plan Marchall permet de lancer une vague de croissance importante pour l’industrie américaine, car les prêts américains sont accordés contre une ouverture massive des économies européennes.

 

Les banques, moteur de la reconstruction européenne? 

Après la Seconde Guerre mondiale, le libéralisme financier cède sa place à une politique d’état providence sous le mandat du général de Gaulle. Ainsi le dimanche 30 décembre 1945 sont nationalisées les plus grandes banques de France, dont la banque de France, la Société Générale et le crédit lyonnais. Les principes bancaires énoncés par Henri Germain sur la séparation des banques de dépôt et banques d’affaires se retrouvent inscrits dans la loi. Durant les trente glorieuses, les banques se trouvent être un outil primordial de la reconstruction et retrouvent donc leurs rôles d’intermédiation pour moderniser le pays et financer sa reconstruction dans une économie de marché. Cette économie de marché permet d’importer une vision de la consommation à crédit pour toutes les catégories de personnes, qui provient directement des États-Unis.

 

En 1966, Michel Debré, ministre de l’économie sous le général de Gaulle, souhaite réformer le système bancaire public français et fonde notamment la BNP pour servir les intérêts de la France dans le processus de libéralisme économique et d’accroissement des échanges mondiaux. Seulement en 1966 seuls 18% des Français ont un compte banque. Ainsi avec la loi sur la mensualisation, tous les salariés se retrouvent dans l’obligation d’ouvrir un compte en banque pour obtenir leurs payes. Grâce à cette loi, la majorité des Français ont recours aux services bancaires, ce qui pousse les banques à développer les nouveaux moyens de paiements (chèque) et de nouveaux placements financiers. Ces placements s’intéressent de plus en plus à l’immobilier qui se trouve être une valeur source, mais pas exempt de toute escroquerie comme ce fut le cas pour la garantie foncière en 1971.

 

La fin des accords de Bretton Woods amorce le début du système monétaire moderne

L’économie repose sur la confiance, cependant, la majeure partie des escroqueries ou crises intervient suite à un défaut de confiance. Pour Michel Camdessus, ancien directeur du FMI, une économie sans confiance est une économie mise à mal, car l’économie est alimentée par le crédit, qui créer et détruit de la richesse lors de son remboursement, or le crédit c’est la confiance.

L’avènement de la doctrine libérale est marqué par le phénomène d’excès de confiance en l’économie financière et plus particulièrement aux outils mis en place pour alimenter l’économie. Durant la guerre du Vietnam et la conquête spatiale, les États-Unis vivant au-dessus de leurs moyens vont lancer une politique monétaire accommodante qui va créer des liquidités, jusqu’à 5 fois supérieures aux réserves d’or de Fort Knox. Du fait de cette politique accommodante, le dollar vacille et est soumis à une spéculation importante qui fera abandonner le système de Bretton Woods par Richard Nixon en 1971. Le dollar ne reposera que sur lui même et donc dans la confiance en l’économie américaine. Les autres monnaies s’échangeront en fonction de la loi de marché c’est-à-dire entre l’offre et la demande, ce qui créer un flottement encourageant la spéculation monétaire. En effet, vu qu’une monnaie s’apprécie ou se déprécie par rapport à une autre en fonction de la loi de marché et donc de la confiance qu’on porte envers l’économie du pays en question, ce phénomène créer un flottement des changes qui s’avèrent très spéculatifs. Le fait qu’on achète ou vende une monnaie en fonction des aléas économiques, interprétés par des acteurs qui recherchent une rentabilité pour leurs placements va engendrer une spéculation, comme George Sorros, qui spécula sur la livre et permit de se créer une fortune colossale au détriment du Royaume-Uni.

En 1973, la France n’est presque pas endettée, lorsque l’état souhaite emprunter, généralement il a recours à un emprunt à taux zéro auprès de la banque de France. Cependant, Giscard D’Estaing a une autre vision pour la France, en trouvant ce modèle archaïque, il suit la doctrine anglo-saxonne.L’état devra emprunter auprès d’investisseurs privés avec des taux d’intérêt et l’état aura recours à une politique d’endettement pour financer son économie.

 

Le libéralisme, porté par le système monétaire international

 

Mitterand rattrapé par le libéralisme !

Pendant les années 1980, le monde connaît deux grandes figures du libéralisme : Margarett Tatcher et Ronald Regan. L’état ne doit plus intervenir dans le marché , qui sera régulé par le mécanisme de la main invisible du marché et doit se contenter de ses fonctions régaliennes. Fameux défenseur de la théorie du cours d’eau (il faut aider les riches à devenir encore plus riches, de cette manière, ils relanceront la consommation et donc permettront aux plus modestes de toucher à cette richesse). Cependant, la pratique est souvent contraire, les flux monétaires vont des plus modestes aux plus riches, en créant ainsi des cumuls qui sont représentés par les grandes fortunes mondiales.

 

Les années Mitterand marquent l’avènement d’une politique de nationalisation et de dépenses sociales importantes. Ne pouvant trouver d’emprunteur en Europe du fait de la défiance envers l’économie française (la réponse socialiste protectionniste n’étant pas au goût des doctrines libéralistes ),La France se retourne vers les pays du Golf et notamment l’Arabie Saoudite en 1983. L’emprunt de deux milliards de Francs ne suffisant pas, la France tombe dans la rigueur qu’elle ne quittera que très rarement. De ce fait, le gouvernement se retourne vers un libéralisme forcé du fait de l’application de politique keynésienne (fort recours aux finances publiques pour relancer l’économie). En 1984, la loi bancaire est abrogée, cette abrogation de la loi qui différenciait les banques de dépôt des banques d’affaires aura des conséquences désastreuses dans le futur.

La dérégulation va engendrer des conséquences financières importantes, alors que le système de Bretton Woods a permis d’éviter des krachs financiers pendant presque quarante ans, l’année 1987 marque le début d’une série de krachs financiers qui seront de plus en plus violents et conséquents pour l’économie mondiale.

 

La dérégulation, déréglementation et le décloisonnement comme pivots de l’économie internationale

La privatisation des banques françaises est une conséquence importante, qui marque une étape de plus dans le libéralisme économique. Ainsi l’état ne contrôle plus totalement la masse monétaire. Avec l’euro, la France ne contrôlera plus sa masse monétaire qui sera alors dévolue à Bruxelles. La BCE est construite sur le modèle allemand, car les Allemands furent les premiers à créer une banque centrale en dehors des pouvoirs politiques, qui luterrait contre l’inflation. En effet, l’hyper inflation des années 1920 et 1930 a marqué à jamais l’économie allemande.

La privatisation des banques françaises entraînera une vague de concentration sans précédent, les fusions-acquisitions et les OPA seront propices et la BNP deviendra la première banque de la zone euro. Comme le suggérait Zola, « dans un monde globalisé il faut manger pour ne pas être mangé ».

L’avènement du trading haute fréquence est une dernière conséquence du libéralisme économique. Les ordres financiers (achat/vente) sont ainsi donnés par des programmes à la microseconde et c’est la recherche de l’algorithme, le plus rapide qui fera la différence. Cependant en 2010, 1000 milliards de dollars s’évaporeront en une fraction de seconde, il s’agit du premier flash-krach de l’histoire.

 

La monnaie, un problème idéologique ?

Nous sommes tous acteurs du libéralisme économique, nos modes de consommations et notre participation dans le circuit économique permettent à ce modèle de prospérer. La théorie de l’agence se marginalise (l’asymétrie des objectifs recherchés entre les actionnaires qui veulent de la rentabilité et le fonctionnement général de l’entreprise qui comprend la maîtrise des externalités négatives économiques). Le travail se déflexibilise, permettant de le précariser plus facilement, la dernière marche en œuvre est l’ubérisation qui tend à supprimer le statut d’entrepreneur individuel et marginaliser un procédé économique à bas coût permettant ainsi une meilleure rentabilité d’un actionnariat toujours plus gourmand. Lors des années de crises successives (2007-2011), les institutions financières et les actionnaires en générales n’ont jamais autant touché de dividende qu’en cette période néfaste. Un antagonisme vient de se créer entre une économie réelle (le monde de l’entreprise) et une économie irréelle (le monde de la finance) qui se retrouvent totalement déconnectées. Cette financiarisation a permis un gonflement des dettes souveraines, puisque l’état a emprunté pour sauver les acteurs bancaires et financer sa politique. Plutôt que de tirer les leçons du passé, celles-ci se sont fait taper sur les doigts par un gouvernement qui les ont renflouées sans condition. Aujourd’hui, le système bancaire est encore plus opaque qu’avant la crise des subprimes, ce qui n’envisage rien de bon pour l’économie en général. Cette zone d’incertitude permet aux acteurs de fixer leurs règles et d’avoir recours à des pratiques néfastes pour l’économie. Par exemple, l’évasion fiscale reste une pratique courante puisqu’elle se retrouve impunie et représente un manque à gagner estimé à 50 milliards d’euros par ans.

Aujourd’hui, notre système économique ne menace pas seulement notre argent, mais aussi notre planète. Car cette montée en puissance d’une économie irréelle parallèle qui a pour seul objectif une rentabilité entraîne des externalités négatives déjà irréversibles pour notre planète et la vie de nos enfants. Le réchauffement climatique devient une fatalité, car cette économie parallèle nous fait croire qu’il n’y a aucune alternative que la consommation de masse pour lutter contre la pauvreté et notre pouvoir d’achat. Or les inégalités s’accroissent, la pauvreté augmente et l’individualisme devient la doctrine principale de la société mise en place pour assurer la rentabilité d’une élite toujours plus avide de richesse et de pouvoir. Notre planète se retrouve ainsi sacrifiée sur l’autel du capitalisme et de l’ultralibéralisme, sur fond de peur et d’individualisme pour asseoir les peuples à la consommation déraisonné et à l’asservissement de l’âme par l’argent, qui en fin de compte ne représentera un jour que ce qu’il était au début, c’est-à-dire rien!

 

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