L’histoire des banques françaises ! (1/2)

les banques et banque de France les éveillés

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http://leseveilles.info/2017/02/11/lhistoire-banques-francaises-12/
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Les banques sont des acteurs incontournables de l’économie, elles permettent de créer ou de supprimer des liquidités, autrement dit le carburant qui fait fonctionner la machine économique. Cependant comment fonctionne le système bancaire français ? Est-ce que les banques sont le cœur de l’économie réelle ? Les éveillés reviennent sur l’histoire des banques en France.

 

L’avènement du système bancaire

 

L’essor de la banque

 

La banque moderne a vu le jour à la fin du moyen âge dans les villes du nord de l’Italie. Si le système de prêteur de monnaie remonte à l’antiquité (les nobles, souverains et plus riches membres du royaume ont toujours prêté des sommes d’argent moyennant intérêt à de tierces personnes, mais il ne s’agissait aucunement d’une activité principale), l’activité bancaire permit de standardiser les échanges et de les ouvrir à de nouveaux acteurs.

 

Les Hollandais éteindront et développeront les activités financières modernes en créant notamment la première multinationale au monde, la VOC (compagnie néerlandaise des Indes orientales). La bourse d’Amsterdam deviendra alors l’une des bourses les plus importantes du monde, qui permettra de financer notamment les découvertes et l’empire hollandais. Les activités bancaires se développeront afin de financer les projets des armateurs en quête de richesse du Nouveau Monde et permettront à la Hollande de bénéficier de la plus grande flotte mondiale. À cette époque, le siècle d’or hollandais est en pleine effervescence et le XVIIe siècle est la pérennisation des Premiers empires coloniaux. Lors de la glorieuse révolution Guillaume d’orange, deviens alors roi de Grande-Bretagne et il amène avec lui la finance moderne hollandaise qu’il développe, c’est ce qu’on appellera la révolution financière britannique.

 

La banque en France réformée par John Law

 

En France, l’avènement de l’activité bancaire se fit au XVIIIe siècle, ou de nombreux outils novateurs pour l’époque sont mis en place afin de réduire l’endettement causé par le rayonnement de la France sous Louis XIV. En effet, à la mort du Roi-Soleil, la dette du royaume de France est estimée à 3 milliards de livres soit 10 années de recettes. Le régent alors en charge du Royaume pendant que Louis XV n’est alors qu’un enfant utilise le modèle de Law. John Law, qui est alors un banquier écossais, convainc le régent d’utiliser des billets de banque pour inciter les nobles à les échanger contre de l’argent métallique. À cette époque, la quasi-totalité de l’économie est sous domination de la pensée économique classique ou le mercantilisme est au cœur des systèmes économiques. En démocratisant et développant la monnaie, John Law cherche ainsi à développer le commerce qui créer à son tour plus de recettes.

 

John Law cherche aussi à développer la finance française, pour ce faire il met en vente des actions de la compagnie perpétuelle des Indes orientales, qui se charge notamment du développement des colonies de Louisiane et de la vallée du Mississippi sous contrôle français à l’époque. En ventant les mérites du Nouveau Monde, il créer des vagues de spéculations spectaculaires puisque l’action qui était vendue 500 livres passe à 18 000 livres en quelques mois seulement ! En 1720, l’actionnariat de la compagnie fraîchement fusionné avec la banque de Law s’élèvera à 1,5 milliard de livres tournoi, du jamais vu pour l’époque ! Cette circulation massive d’actions et sa valorisation excessive créent une bulle financière, qui est déconnectée de l’économie réelle. À cette époque, la compagnie perpétuelle des Indes orientales n’affrète que 3 à 4 bateaux par ans, ce qui ne permet pas d’apporter assez de richesse afin de couvrir les milliers de titres émis. Le prince de Conti vient alors récupérer son argent et les rumeurs d’insolvabilité se propagent, la valeur des billets émis dépasse largement la quantité d’or détenu par la compagnie. La panique s’empare alors du titre et les manœuvres spéculatives entraînent une banqueroute qui conduira aux fameuses émeutes de juillet. Au-delà de la banqueroute de la compagnie, de nombreuses faillites en chaîne se produiront du fait du caractère spéculatif de l’activité, et le système de Law aura appauvri 10% de la population française, de l’époque.

 

La banque Moderne fait son apparition

 

Les assignats, une première réponse infructueuse

 

En 1789, la dette de la France pèse 80% du PIB, la guerre victorieuse contre la Grande-Bretagne aux États-Unis a appauvri la France. Le roi convoque alors l’assemblée des états généraux afin de trouver une solution, mais ce sera aussi un déclencheur de la Révolution française. L’état décide de créer une nouvelle monnaie, les assignats, ou sa valeur est alors gagée sur les biens du clergé, afin de réduire la dette. Cette monnaie s’inspire du procédé de Law, par la mise en circulation des billets de banque. Cependant, l’état en crée un trop grand nombre et s’en sert comme monnaie courante, ce qui favorise la création de fausse monnaie. Cette monnaie sera abandonnée en 1796. Afin de réduire la dette de l’état français, Dominique Ramel ministre des Finances, fait voter une loi annulant les deux tiers de la dette française, il déclara : « j’efface les conséquences des erreurs du passé pour donner à l’état les moyens de son avenir ». Par cette loi, Dominique Ramel assainit les finances publiques, mais ruine de nombreux créanciers.

 

La banque de France et l’essor des banques privées

 

En 1800, la Banque de France est crée, afin de redonner confiance au système financier français. Cette banque qui est alors privée, sera l’institution bancaire française la plus importance jusqu’à la création de la Banque centrale européenne (BCE). Napoléon Bonaparte achètera les premières actions et incitera tous les membres de son gouvernement à y investir massivement. En 1803, Napoléon Bonaparte lui confère le monopole dans l’émission de billets de banque. La Banque de France devient donc la banque centrale de France. Si Napoléon conféra autant de pouvoir à la banque de France, c’était avant tout pour financer ses armées, éliminer la concurrence et contrôler l’émission de billets afin de protéger la rentabilité de l’action et pouvoir effectuer des opérations sur la caisse d’état.

 

Les banques se développent au cours du XIXe siècle, ou une multitude de banquiers privés s’implantent en Europe. En France, on retiendra la famille Rothschild qui deviendra une des familles les plus puissantes de France. James Rothschild gérera notamment la fortune de Louis Philippe et investira massivement dans le transport ferroviaire. Cependant, du fait de la révolution industrielle, l’industrie est le secteur montant dans l’économie qui nécessite plus de moyens qu’en disposent les banques privées. Il devient donc alors nécessaire de créer une nouvelle forme de banque : les banques de dépôt.

 

Le système bancaire mondial

 

Banque de dépôt et d’affaires

 

Ces banques de dépôt organisent la collecte de l’épargne dormante du grand public. Ces banques de dépôt sont nombreuses : le crédit lyonnais crée en 1863, la Société Générale en 1864… Avec l’essor des banques de dépôt de nouveaux modes de paiement, entre alors en circulation comme le carnet de chèques crée en 1865. Afin de toucher le plus grand nombre possible, le crédit lyonnais est la première banque à mettre en place des agences locales dans différentes villes de France. La Société Générale en fera autant. Cette différence est importante, car en Angleterre, le réseau d’agences locales ne sera possible que par la fusion d’une multitude d’acteurs bancaires. Par ce modèle, la France est le premier pays du monde à instaurer le réseau bancaire nationale.

 

Les banques de dépôt gagnent leurs vies par leur travail d’intermédiation bancaire, c’est-à-dire que la banque collecte de l’argent auprès des épargnants qui souhaitent le placer et effectue des prêts aux acteurs qui ont des besoins de financement. Lors de la défaite française contre la Prusse en 1870, la dette de guerre établie par l’Allemagne envers la France s’établit à 25% du PIB, soit 5 milliards de francs-or. Les banques entrent alors en jeux, elles ont pour mission de récolter l’épargne des Français pour payer la dette de guerre. C’est à cette époque que la banque de Paris et des Pays-Bas est crée. En Allemagne, les banques deviennent le support de l’industrie et sont les premiers actionnaires des entreprises industrielles, ce qui confère à l’industrie une financiarisation importante et permet à l’Allemagne de devenir une grande puissance industrielle.

 

Les conséquences de la spéculation et la création des règles bancaire

 

En 1882, un krach bancaire important fait chuter les marchés financiers. Les banques avaient alors trop prêté d’argent aux spéculateurs qui achetaient des actions à crédits et qu’ils revendaient à terme. Cependant, lorsque la bourse chute ses acheteurs ne peuvent plus rembourser leurs emprunts et un effet boule de neige conduit cette chute en krach financier. C’est le cas de Paul Eugène Bontoux qui fut le fondateur de la banque de l’union générale et qui rachetait les actions de sa banque afin d’en pousser le cours. En moins de six mois, l’action passa de 540 à 3000 francs. Durant ce krach l’action retomba à 1600 francs et créa ainsi un vent de panique. Les déposants se ruant à la banque pour récupérer leurs argents, la banque ferme ses guichets et la crise se propage à toutes les banques.

 

Le caractère destructeur de la spéculation est alors mis à jour par Henri Germain, le fondateur du crédit lyonnais et qui se méfiait de la spéculation. Il créer un dépôt de sécurité qui lui permet de rembourser les déposants de la crise de 1882 et fondera les règles d’or de la banque française qui sont :

  • La disponibilité des actifs de la banque doit correspondre à l’exigibilité de ses dettes
  • Le cloisonnement entre banque d’affaires et de dépôts

Les banques d’affaires gérant d’importants capitaux à long terme destinés à financer des projets industriels et les banques de dépôt collectent et gèrent l’épargne du grand public sans prendre de risque.

 

La globalisation financière de la fin du XIXe

 

L’épargne des Français et les emprunts russes

 

Cependant dans les années 1880, les deux tiers de la population française sont des paysans qui se méfient des banques et pour lesquels les banques se méfient, car prêter à un paysan c’est prendre le risque que du fait d’une mauvaise année, ce dernier ne puisse pas répondre de ses obligations financières. Les agriculteurs se prêtent donc entre eux. Cependant, en 1885 est fondé le Crédit Agricole dans le Jura, afin de financer l’agriculture locale. Treize ans plus tard, on comptera plus de 300 caisses à travers le territoire. Ces sociétés sont révolutionnaires pour l’époque, puisque les clients sont aussi les sociétaires qui détiennent le capital de ses caisses et élises les personnes qui géreront chaque caisse selon le principe un homme égale une voix.

 

La défaite française de1870 face à l’Allemagne pousse la France à se rapprocher de la Russie pour des raisons stratégiques et qui est alors vue comme un eldorado pour les investisseurs. En effet, le pays n’est que peu modernisé et possède des ressources sans limites. Une vaste campagne de promotion incitera les Français à investir en Russie par le moyen des emprunts russes. De ce fait, un tiers de l’épargne française est placée en Russie afin de financer le développement russe de son industrie, de ses moyens de transport et de sa chimie. Un montant total de 15 milliards de Francs or est alors prêté à la Russie et le crédit lyonnais qui est alors la première banque mondiale, réalise plus de 30% de ses profits avec la Russie.

 

Un eldorado financier mis à mal par les années sombres

 

En 1900, l’économie française est totalement globalisée. La puissance financière française rayonne auprès du reste du monde. Le système bancaire semble être alors au sommet sa puissance, grâce notamment au financement de l’industrie et aux richesses de ses colonies et de l’Indochine. Un tel niveau de globalisation ne sera retrouvé qu’à partir des années 1980. Du fait de la Première Guerre mondiale, les déposants cherchent à reprendre leur épargne, en l’espace de quelques jours 20% des dépôts du crédit lyonnais sont retirés. Cependant, afin de soutenir l’effort de guerre de nombreux emprunts d’État sont souscrits de la part des Français. Mais en 1917, la révolution bolchevik éclate en Russie. La prise de pouvoir des communistes en Russie entraîne un vent de panique en France quand un décret russe répudie l’intégralité de ses dettes. Un million et demi de Français qui ont investi en Russie ont alors tout perdu et le crédit lyonnais se retrouve ruiné.

 

La victoire ou le début de la catastrophe annoncée

 

La fin de la guerre marque un glas important sur le système bancaire français, dans son histoire, jamais une création aussi importante de richesse n’avait conduit un si grand gaspillage de richesse. Cependant avec la victoire française, l’Allemagne devra payer le lourd tribut de la guerre seule soit 131 milliards de deutsche marks or. Comme le prédit l’économiste J.M Keynes, les conséquences du traité de Versailles seront désastreuses pour l’Europe. En effet, la montée au pouvoir des nazis est en grande partie due à ce traité. En effet, l’Allemagne étant ruinée à la fin de la guerre, elle n’a pas d’autre choix que de créer artificiellement de la monnaie afin de pouvoir rembourser son emprunt aux vainqueurs. Cette création excessive de monnaie, créer une inflation si grande que le prix du dollar atteindra plusieurs milliards de deutsche marks. La seule valeur refuge était alors les actions qui permirent à de nombreux banquiers de pouvoir s’enrichir dans ce contexte économique désastreux. En France, l’Allemagne ne remboursa que 9 milliards de deutsche marks or sur les 131 milliards et l’état français appliqua donc la politique de la planche à billets pour financer la reconstruction du pays.

 

Dans les années 1920 et 1930, la valeur refuge se situe dans les actions. La valeur des actions augmente donc plus que les profits des entreprises et parfois même plus que la production réelle de l’entreprise. Ce déséquilibre entre l’économie réelle et l’économie irréelle créera ce qu’on appelle le jeudi noir de 1929 qui était avant 2008 la plus grande crise financière du monde.

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